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Hélène Mel, une entrepreneure aguerrie

posté par Le Hub de la Finance Digitale , le 19 mai 2022
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Avec 600 millions de femmes, l’Afrique est la seule région du monde qui compte plus d’entrepreneuses que d’entrepreneurs soit 27% ayant ainsi le record du monde de l’entrepreneuriat féminin. Les africaines produisent près de 65% des biens du continent africain et détiennent le tiers de l’ensemble des entreprises. Hélène Mel Agnero est l’une de ces entrepreneuses.  Propriétaire de la chaîne de restaurants  en Côte d’Ivoire « Chez Tantie Alice », Hélène, plus connue sous le nom de tantie “Alice” prénom de sa mère qui a démarré cette activité dans les années 80, a réussi à développer et faire perdurer l’activité.

Hélène reprend l’activité dans les années 2000 en vue de la moderniser. Aujourd'hui, Chez Tantie Alice » est un label de qualité qui comprend 4 restaurants (points de vente). C’est d’ailleurs l’un des restaurants à découvrir de passage à Abidjan. Sa particularité : La vente d’ «Attiéké poisson» ( semoule de manioc accompagné de poisson frit).

Pour maintenir et développer son business, Hélène a dû se battre toute seule. Elle n’a jamais contracté de prêt ou bénéficié d’un accompagnement financier. A la vérité, elle n’a jamais essayé à cause des lourdeurs administratives, des nombreuses garanties requises pour obtenir un prêt. Elle préfère se tourner vers les tontines, un système de financement qui a le vent en poupe, particulièrement en Afrique. Les tontines dont elle est membre regroupent plusieurs types de personnes dont des commerçants, des fonctionnaires…

En Côte d’Ivoire, le domaine de la restauration qui connaît une période difficile avec la hausse fulgurante des prix sur le marché, est très concurrentiel, et qui  plus est celui de la vente d’« Attiéké poisson ». La diversité culinaire du pays y joue un grand rôle. Il faut faire preuve de créativité pour rester dans la course. Face à la concurrence, Hélène a un secret : l’innovation. 

Aujourd’hui au restaurant « Chez Tantie Alice » , on n’y trouve pas que de l’attiéké poisson mais aussi plusieurs autres plats locaux. Y sont également offerts des jus naturels qui sont prisés par les clients. Aussi, pendant la crise sanitaire qui a considérablement impacté les entreprises y compris son restaurant, il lui est venu à l’idée de rebaptiser la sauce ivoirienne communément appelée « gnangnan » faite à base d’aubergines sauvages et connue pour son amertume et ses vertus thérapeutiques, en « chloroquine » en référence à la chloroquine identifiée alors comme un médicament potentiellement efficace pour lutter contre la Covid-19. 

Pour simplifier les transactions, dans les restaurants « Chez Tantie Alice », en plus des règlements en espèce, les paiements mobile money sont également acceptés. Ce qui n’est pas le cas pour les paiements à la carte. La mise en place du mobile money a réellement été une aubaine pour Hélène  permettant de payer ses fournisseurs sans avoir besoin de se déplacer avec des fortes sommes et risquer de se faire agresser. Elle aurait souhaité effectuer les paiements de salaires de ces employés en utilisant le mobile money mais malheureusement, ceux-ci restent encore très attachés à l’espèce.

 

Pour contribuer à la réduction du chômage et aider les jeunes entrepreneurs, Hélène prenait plaisir à employer des jeunes gens dans ses différents restaurants et à travailler avec des livreurs indépendants chargés de livrer ses plats dans toute la ville d’Abidjan. Malheureusement la crise sanitaire l’a contraint à réduire ses effectifs. Elle ne compte plus que 5 à 10 employés par point de vente. 

Hélène ou « tantie Alice » pour ses clients, a reçu tout au long de son parcours plusieurs distinctions. Elle est d’ailleurs disposée à partager son expérience d’entrepreneure avec d’autres femmes et entend mettre sur pied une association des vendeuses d’attiéké poisson pour promouvoir la cuisine et la culture ivoirienne à l’international et aussi porter haut et fort la voix de ces restauratrices auprès des ministères afin d’espérer leur aide pour un accès facile et rapide à des financements. 

 

« A toutes les femmes qui veulent entreprendre et qui hésitent encore, osez ! Il est possible de se lancer dans une aventure entrepreneuriale même avec une petite somme d’argent » conclut Hélène. 

 

 

 

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