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Du champ à l'assiette, la success story FraiSen : rencontre avec les fondateurs

posté par Le Hub de la Finance Digitale , le 12 avr 2019
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FraiSenBonjour à tous les deux, pouvez-vous commencer par vous présenter? 

Bonjour, mon nom c’est Mame Diarra Sarr je suis co-fondateur gestionnaire de formation et responsable client et de la comptabilité de FraiSen .
Bonjour, moi je suis  Souleymane Agne, je suis agronome de formation, Directeur technique agricole de FraiSen.

FraiSen, qu'est ce que c'est? 

FraiSen est une startup sénégalaise qui s’investit dans la production et la commercialisation de la fraise au Sénégal.

 

Pourquoi avoir choisi de développer FraiSen?

 Nous cherchons à prouver aux jeunes africains qu’il est possible de réussir dans l’agriculture et avec des cultures jusque-là non connues ou rarement cultivées en Afrique comme la fraise. C’était l’une des principales raisons qui nous a lancé dans cette culture. On se demandait souvent pourquoi cultiver toujours la même chose? Pourquoi pas la fraise? Ces questions avaient souvent comme réponses les mêmes moqueries . 
Dopés par l’idée d’innover à tout prix, nous nous sommes alors lancés dans une phase d’expérimentation sur 2000 m². Cette expérimentation fut un succès.
Il fallait juste que quelqu’un décide de s’y mettre avec tous les risques que cela comportait pour prouver que c’était possible, et nous avons choisis d’être la mascotte pour changer la donne. Nous avons alors décidés en 2017 de lancer FraiSen et démarrer concrètement nos activités.

Quelles sont selon vous les spécificités de FraiSen?

FraiSen est l’une des rares startups qui s’investit dans la culture de la fraise bio en Afrique. FraiSen propose des fraises sucrées, parfumées, calibrées avec une durée de conservation plus longue. Contrairement aux autres producteurs africains, FraiSen accorde beaucoup d’importance à son packaging et mise sur une proposition de valeur unique pour proposer des produits uniques avec des prix qui défiant toute concurrence.

Quels ont été les plus grands challenges? 

Le premier défi était de démontrer la faisabilité du projet, à savoir qu’il était possible de produire des fraises bio, bien sucrées et ce toute l’année. Cela a demandé de la persévérance pour conduire les nombreux tests nécessaires, et aussi une parfaite connaissance du milieu biologique et socio-économique car la fraise est une culture exigeante. « C’est après des heures de recherche et de test que nous avons pu trouver la formule magique qui nous donne des fraises 100% bios et sucrée. » Le second défi était de trouver les moyens financiers pour développer l’entreprise : l’investissement de départ de 10 millions de F.CFA n’était pas suffisant pour mettre en place les infrastructures qu’il faut, notamment les serres. Le dernier défi était de trouver des ressources humaines compétentes. Pour y remédier, nous avons créé un centre de formation aux métiers de l’agriculture biologique et de l’alimentation : l’objet de ce centre est de former des jeunes aux itinéraires techniques de la production de fraises bio. Le centre propose aux jeunes un cursus de 3 mois de formation, puis 3 mois de stage au sein de l’entreprise, stage qui se ponctue par une offre d’embauche.

Qu'est ce qui a été déterminant dans la réussite de votre projet ? 
 
La maturité, l’expérience, la solidarité et la force mentale de notre équipe sont les atouts qui nous  ont conduits au bout du tunnel. Il fallait y croire et nous y avons tous crus.

 FraiSen en chiffres aujourd'hui ça donne quoi?

FraiSen a une capacité de 100kg/semaine avec trois années d’expérience et d’expérimentation, et dispose d’une commande de plus de 10 tonnes/semaine répartie dans 6 pays africains et 2 pays européens. FraiSen a créé 19 emplois directs et 30 emplois indirects. Nous comptons lancer un réseau le 20 avril 2019 de plus de 150 membres pour un début dans 5 pays africains. Notre objectif est d'atteindre 10 000 tonnes de production l’année.

Utilisez vous les services financiers digitaux dans votre activité? 

Non nous n’utilisons pas des services financiers digitaux, mais nous travaillons sur le développement d’une plateforme web, une sorte de foire agricole virtuelle qui nous permettra de regrouper l’ensemble des membres du futur réseau FraiSen, afin de créér des stands virtuels et d'exposer leurs produits en ligne. En effet nous comptons lancer un réseau de producteurs de fraises qui nous permettra de regrouper tous les producteurs de fraises au Sénégal et en Afrique de façon générale  afin de mieux les organiser autour d’un label commun. A terme l’idée serait d’utiliser les services financiers digitaux pour permettre à certains investisseurs de placer leur capital sur certains producteurs porteurs exposant sur la plateforme.

Quelles sont vos prochaines étapes? 

Notre objectif d’ici 5 ans est d’exploiter 50 hectares de surface cultivable, de produire en moyenne 10 000 tonnes de fraises bio, de créer 30 emplois permanents et 100 emplois temporaires, et d’accompagner les agriculteurs de la localité afin de réglementer et d’organiser la filière. Nous avons aussi pour ambition de lancer nos filiales dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest pour ensuite se tourner vers le reste du continent en développant des partenariats stratégiques avec certaines structures africaines de la place.

 Notre rêve : devenir le leader de production de fraise bio en Afrique

 

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