Aller au contenu principal

Togo : regards croisés sur les défis de l’économie numérique

posté par Le Hub de la Finance Digitale , le 11 mar 2024
  • 24
  • 0
  • 3 min.
  • |
  • |

Au Togo, l’économie numérique est au centre de toutes les attentions. L’ambition du pays est de faire du numérique un outil qui participe à l’amélioration des conditions de vie des populations. A l’horizon 2025, l’accélération de l’inclusion sociale et le développement économique par le numérique reste un objectif primordial à atteindre. Cest pourquoi, les acteurs locaux sont de plus en plus impliqués dans les initiatives pour le renforcement de l’écosystème numérique du pays.

Cina Lawson, le  ministre de l’Economie numérique et de la transformation digitale a annoncé récemment une plateforme digitale pour recenser l’ensemble des acteurs du numérique au Togo. Il s’agit de se doter d’une visibilité claire de l’écosystème, afin d’identifier les besoins et y répondre. L’objectif est de permettre à ces différents acteurs de jouer pleinement leur rôle pour la transformation numérique du pays. Au rang des défis à relever, la disponibilité de l’énergie, de la connectivité, la production et la consommation continue des services numériques locaux, analysent divers acteurs de l’écosystème.

Des avancées significatives ont été enregistrées ces dernières années pour le développement du numérique. Edem Adjamagbo, CEO de Semoa note une « accélération de l’accompagnement des startups; leur prise en compte depuis 2023, avec un travail de recensement des acteurs de l’écosystème en partenariat avec la GIZ.» Pour le patron de cette entreprise spécialisée dans la digitalisation des moyens de paiement, « il faut que les investisseurs privés aient un regard attentif sur le Togo comme étant un pays d’opportunités en termes d’investissements dans le digital.» Face à la compétition mondiale en cours dans le secteur, Edem Adjamagbo suggère « un marketing public » en faveur du secteur.

Contribuer à exporter le génie togolais du numérique à l’extérieur, c’est aussi cela la vision de l’Entente des spécialistes togolais en technologies de l’information et de la communication (ESTETIC). Dans sa récente sortie, l’ESTETIC a elle aussi souligné les avancées enregistrées dans le secteur. L’association des acteurs de l’économie numérique s’est félicitée de l’amélioration de la connectivité, notamment dans les principales villes du pays, même si elle l’est encore moins dans les communautés rurales. Il y  a deux ans, ESTETIC dénonçait une gestion des points d’atterrissement des câbles internet qui s’apparenterait à « une douane et un péage numérique.» Deux ans après, « la situation s’est considérablement améliorée, avec la chute du prix du haut débit», se réjouit l’ESTETIC. Toutefois, selon l’association, d’autres défis sont à relever pour une économie numérique développée.

« On ne peut avoir de connectivité sans énergie», martelle Edem Adjamagbo dont la société a des impératifs de garantie de continuité de service pour ses clients. « Aujourd’hui, nous nous retrouvons avec des coupures d’électricité de 3 à 4h des fois au bureau, et c’est vraiment impactant. Lorsque nous travaillons avec des grands groupes bancaires internationaux, ils ne peuvent pas comprendre que nous soyons hors ligne ou que nous n’ayons pas la capacité d’intervenir en cas d’urgence”, soutient-il. Le CEO de Semoa témoigne : « nous avons eu, il y a quelques jours un souci avec une des plateformes WhatsApp banking d’une des banques et nous avons obligation, pour des raisons règlementaires de la BCEAO, de rendre le service disponible maximum dans les 4h qui suivent. On a dû compter sur les batteries de nos PC portables et la 4G pour intervenir et faire les correctifs.» « C’est une situation très embêtante. Si on veut développer le digital au Togo et la confiance des clients en ces outils, il faut que ce qui permet à ces outils de fonctionner, l’énergie ne soit pas un problème.»

Réagir
0 commentaires