Le rapport souligne que les capitaux mobilisés par les jeunes pousses africaines qui révolutionnent les domaines de l’agriculture et de l’alimentation sont concentrés au Kenya et en Egypte, deux pays disposant d’écosystèmes tech assez développés.
Les levées de fonds des start-up africaines opérant dans les domaines de l’agriculture et de l’alimentation (agrifoodtech) ont atteint 260 millions de dollars en 2025, enregistrant ainsi une hausse de 30% par rapport à 2024, selon un rapport publié fin mars 2026 par le fonds de capital-risque AgFunder.
Intitulé « Global AgriFoodTech Investment Report 2026 », le rapport indique que ce montant représente environ 1,6% du total des levées de fonds réalisées dans le secteur à l’échelle mondiale et 8% des financements mobilisés au niveau de l’ensemble des pays en développement durant l’année écoulée. Le total des capitaux mobilisés par les jeunes pousses africaines qui révolutionnent l’agriculture et les industries agroalimentaires en Afrique durant les dix dernières années (2016-2025) s’est ainsi établi à 2,71 milliards de dollars, grâce notamment aux pics enregistrés en 2022 (681 millions de dollars) et en 2021 (548 millions de dollars).
Le Kenya et l’Egypte ont été les leaders continentaux en 2025, avec respectivement 96,2 millions et 36,5 millions de dollars levés par les start-up de l’agrifoodtech. Ces deux pays, qui abritent certaines des plus grandes pépites de la tech spécialisées dans ce domaine à l’échelle continentale comme BURN, SunCulture, FreshSource, Cropsa, et ReNile, ont ainsi accaparé plus de 51% des fonds mobilisés.
Le nombre de transactions recensées dans le secteur à l’échelle africaine en 2025 s’est, quant à lui, établi à 90 deals, soit une baisse de 12% par rapport à l’année précédente. La valeur médiane des transactions a chuté de 61% comparativement à 2024, à 500 000 dollars.
La start-up kényane BURN domine le classement
La plus grosse transaction a concerné la mobilisation par BURN, une start-up kényane spécialisée dans les solutions de cuisson propre, d’un financement par dette de 80 millions de dollars auprès de la Banque du commerce et du développement de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique australe (Trade and Development Bank/TDB).
La répartition des levées de fonds recensées en 2025 par type d’agrifoodtech montre que les start-up spécialisées dans la cuisine et les technologies de cuisson domestique (Home & cooking) arrivent en tête de liste avec 85 millions de dollars. Viennent ensuite les agrifoodtech spécialisées dans les infrastructures cloud dédiées à la vente au détail (51,4 millions de dollars), les places de marché et les agri-fintech (51 millions) et les jeunes pousses opérant sur le segment des bioénergies et des biomatériaux (26 millions).
Les start-up spécialisées dans les technologies intermédiaires (Midstream Tech), qui opèrent notamment sur les segments de la sécurité alimentaire, la traçabilité, la logistique, le transport et la transformation, occupent la 5ème position avec 14,5 millions de dollars, devant les agrifoodtech qui développent des solutions destinées à l’agriculture de précision telles que les logiciels de gestion agricole, capteurs et l’Internet des objets (10,6 millions), et les plateformes de restauration en ligne (9,2 millions).
À l’échelle mondiale, les start-up de l’agrifoodtech ont levé 16,2 milliards de dollars en 2025, ce qui représente une baisse de 3% par rapport à 2024. Les Etats-Unis occupent la première place en termes de levées de fonds (5,9 milliards de dollars), loin devant l’Inde (2,2 milliards), la Chine (1,2 milliard), les Pays-Bas (902 millions) et le Royaume-Uni (685 millions).