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La Banque mondiale abaisse ses prévisions de croissance pour l'Afrique subsaharienne en 2026, à 4,1 %

posté par Le Hub de la Finance Digitale , le 10 avr 2026
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L’institution estime que le conflit au Moyen-Orient risque fort de freiner la reprise économique en Afrique subsaharienne, notamment en raison de la hausse des prix des produits énergétiques et des engrais, et d’un probable repli des flux d’investissements, de financements extérieurs et d'envois de fonds des diasporas.

La Banque mondiale a annoncé le mercredi 8 avril, la révision à la baisse de ses prévisions de croissance pour l’Afrique subsaharienne pour 2026, à 4,1 % contre une précédente prévision de 4,4 % effectuée en octobre 2025. Dans son « Africa Economic Update », l’institution a souligné que les risques géopolitiques, notamment le conflit au Moyen-Orient, conjugués au lourd fardeau du service de la dette, à la baisse des financements extérieurs et à des faiblesses structurelles profondément ancrées, érodent les perspectives de croissance et freinent la création d’emplois dans la région. 

« La hausse des prix des carburants, des denrées alimentaires et des engrais, combinée à un resserrement des conditions financières, risque d’alimenter l’inflation, de perturber l’activité économique et de toucher de manière disproportionnée les ménages les plus vulnérables, qui consacrent une part plus importante de leurs revenus à l’alimentation et à l’énergie », a-t-elle indiqué.

Le taux d’inflation médian en Afrique subsaharienne est passé de 4,4 % en 2024 à 3,7 % en 2025. Il devrait toutefois remonter à 4,8 % en 2026, en raison notamment des répercussions escomptées du conflit au Moyen-Orient. Les risques baissiers qui pèsent sur la croissance économique de la région se sont intensifiés depuis le 28 février, date à laquelle le conflit au Moyen-Orient s’est rapidement aggravé, avec notamment des attaques directes contre des installations de production d’énergie et de graves perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. 

L’ampleur de l’impact sur l’Afrique subsaharienne dépendra de la durée des hostilités, de l’étendue des retombées régionales et de l’importance des dommages causés aux infrastructures essentielles. Les effets devraient se transmettre principalement par quatre canaux : le commerce, les investissements, la finance et la main-d’œuvre.

Le conflit affectera la région principalement par le biais des échanges commerciaux, notamment en raison d’une volatilité accrue sur les marchés de l’énergie et des engrais, qui devraient faire grimper l’inflation, en particulier dans les pays importateurs de pétrole.

De plus, les pays du Golfe se sont imposés comme des investisseurs majeurs en Afrique, leurs engagements en matière d’investissements directs étrangers dans de nouveaux projets dans la zone subsaharienne ayant dépassé les 100 milliards USD pour la seule période 2022 - 2023. Le conflit en cours risque de freiner cette dynamique, à mesure que les fonds souverains réévaluent leurs expositions et leurs priorités d’investissement, ce qui pourrait retarder la mise en œuvre de grands projets dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures logistiques, minières et agricoles.

Les pays riches en ressources naturelles devraient tirer leur épingle du jeu

La guerre en Iran a également accru les risques pesant sur les flux d’envois de fonds, qui constituent une bouée de sauvetage essentielle pour de nombreux ménages africains, en particulier dans les pays fortement tributaires de ces transferts, tels que les Comores, la Gambie, le Lesotho et le Liberia. Un prolongement du conflit pourrait réduire encore davantage ces flux.

Parallèlement, la baisse des financements extérieurs, en particulier la réduction de l’aide au développement, accentue ces pressions, notamment pour les pays à faible revenu, à un moment où les gouvernements sont déjà confrontés à des obligations croissantes liées au service de la dette. Ces défis s’inscrivent dans un contexte mondial d’incertitude politique accrue, d’intensification des tensions commerciales et de risque de resserrement soudain des conditions financières internationales, notamment sous la forme d’une hausse des primes de risque. Conjugués, ces chocs externes pourraient affaiblir les exportations et restreindre davantage l’accès au financement.

Le rapport précise cependant que la dynamique de croissance économique sera inégale à travers les pays d’Afrique subsaharienne cette année. En 2026, la croissance devrait s’affaiblir dans 25 des 47 économies d’Afrique subsaharienne. Pour ce groupe, le ralentissement de la croissance est de 0,7 point de pourcentage en 2026 par rapport à 2025. Toutefois, certains pays enregistreraient une décélération plus marquée, notamment Le Sénégal (baisse de 4,5 points de pourcentage du taux de croissance en 2026), le Zimbabwe (2,8 points), le Rwanda (2,1 points), l’Éthiopie (1,2 point), le Ghana (1,2 point) et le Bénin (1,1 point).

D’autre part, les pays de la région qui disposent de ressources naturelles abondantes enregistrent une reprise progressive, bien que leurs performances de croissance restent inférieures aux taux enregistrés au cours des deux premières décennies du siècle en cours. La croissance moyenne des pays appartenant à ce groupe devrait s’accélérer, passant de 3,2 % en 2025 à 3,4 % en 2026.

Cette amélioration sera tirée par une demande mondiale soutenue pour les ressources naturelles, notamment les produits agricoles, les minéraux critiques et les métaux précieux. La prolongation du programme AGOA (African Growth and Opportunity Act), un régime de préférences commerciales accordé depuis l’an 2000 par les États-Unis aux pays d’Afrique subsaharienne, et la mise en œuvre de l’initiative chinoise d’exonération des droits de douane au profit des pays africains à partir de mai 2026 devraient apporter un soutien supplémentaire aux exportations à partir du second semestre 2026.

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